Joy Sorman: Paris, gare du Nord

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Joy Sorman fait une immersion à la Gare du nord de Paris pour écrire sur le vif quelques textes entre le deux et le huit mai 2011 dans le cadre du festival Paris. Les textes se présentent comme des fragments du temps réel où la gare est décrite dans son quotidien.

Le plus étonnant dans les textes de Sorman sont les coulisses de la gare du Nord parce qu’invisibles aux passagers ordinaires. Ici, on se met à voyager en plongeant dans les différentes ambiances de la gare, on passe, s’immisce, s’infiltre partout : cabine du métro, salle de repos des contrôleurs, terminal d’Eurostar, Police.

La gare du Nord est décrite comme un lieu complexe qui échappe à la définition banale de la gare où « des anonymes » prennent des trains :

« […] beaucoup sont ici pour autre chose. Sur le parvis il a un monde qui n’est pas de voyageurs, qui n’est pas en transit mais qui s’agglomère là pour faire du biz, pour ne pas rester seul, parce qu’on est mieux ici qu’ailleurs, […] ».

On voit également défiler de multiples portraits qui créent un mélange de tous genres à travers ses petits récits : sans abris, adolescents, policiers, agents de sécurités, responsables de la gestion de crise, contrôleurs, etc.

Le style de Sorman frappe par sa neutralité minimaliste ; elle décrit, elle regarde, elle observe sans ajout, sans histoire, sans « poésie ». Sa retenue est parfaite, la distance est juste ; son écriture nous offre ainsi, sans ambages, le spectacle de la réalité contemporaine et existentielle du quotidien.

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